30.03.2008

L'APRES ELECTIONS A SETE

Je reprends le clavier, après de nombreux mois d’absence sur ce blog, mais pas des débats de midiblog.

J’ai assuré durant cette campagne électorale la direction de la section socialiste de Sète par délégation du Secrétaire de section et donc j’ai choisi de ne pas mettre en avant des propos personnels qui auraient pu, d’une manière ou d’une autre, interférer avec ceux du Parti dont j’assurais la responsabilité. J’ai, pour ainsi dire, rendu les clefs de la maison et retrouve donc mes potentialités de parole personnelle.

Je ne peux toutefois oublier ce travail assuré de manière collective et tiens à affirmer ici mon soutient à André Lubrano et mes remerciements à une vrais équipe de campagne qu’ils soient colistiers ou militants de base des diverses organisations soutenant la liste, ou encore citoyens lambda engagés dans notre démarche.

Je souhaite aussi faire ici le point sur ce que je pense du procès en sorcellerie qui suit ces élections et le renouvellement du mandat de François Commeinhes.

Mais il faut remonter un peu dans le temps pour comprendre l’évolution des choses
.
Il y a une différence de projet entre le Parti Socialiste et le Parti Communiste et il en est ainsi pour chacune des formations qui se réclament de gauche. J’affirme là une simple évidence. Constituer une liste d’union de cet ensemble suppose donc la recherche de compromis et dans ce but le respect de l’apport de chacun à la construction commune.

En 1995 le Parti Socialiste à Sète a connu une importante scission à l’occasion des élections municipales une partie (majoritaire) soutenant la ligne d’une liste d’union de la gauche, une autre partie (moins nombreuse) souhaitant et participant à une liste plus « centriste » autour de l’amiral Grossi.

Le Parti Socialiste sétois garde encore des traces de cette partition, d’autant qu’à partir de ce moment là la direction de la section a mis en œuvre un mode de fonctionnement exclusivement tourné vers l’union de la gauche ce qui peu à peu a conduit la section à une totale absence de prise de position originale rien ne pouvant être dit sans l’aval de François Liberti et celui de Robert Navarro.
Les socialistes ont disparu de l’expression locale.

Lors du dernier congrès, j’ai collaboré au changement de direction de la section et à l’affirmation d’une expression autonome du Parti Socialiste tant au niveau du Parti Lui-même que de l’expression de ses élus.

Cette indépendance ne fut pas du goût de tout le monde y compris au sein de la section. Un groupe de camarades continua de considérer que l’axe fort du travail ne pouvait se concevoir que dans le cadre de l’union de la gauche et donc sous la houlette de François Liberti. Ce positionnement , au soir du premier tour, se révèlera être une gros obstacle à la fusion des listes.

Le débat interne sur la désignation du premier socialiste a porté exclusivement sur l’idée d’une liste d’union dont le premier socialiste serait, à priori, le leader donc candidat Maire et d’autre part le fait que le premier socialiste ne serait pas candidat à la tète de liste, ce qui induisait de fait que cette liste serait menée par François Liberti. Le vote de la section est sans ambiguïté favorable à la première solution.

Le premier socialiste désigné entre alors en contact avec les autres formations de gauche pour présenter son projet de liste et obtenir une réponse sur le principe. Toutefois dés le mois de juillet François Liberti s’était déjà présenté comme seul rassembleur possible ; les contacts avec le parti communiste ont donc été simplement formels et conduisaient de fait à une primaire à gauche.

Cet aspect n’a rien de scandaleux et est couramment admis dans toutes les autres élections.

Dans le soucis de faire le meilleur score possible et sans doute encouragé par les socialistes minoritaires François Liberti choisi d’incorporer à sa liste avec l’étiquette P.S. deux socialistes appartenant à la section de Sète plus un troisième venu d’on ne sait où. Ce choix traduit non plus la volonté d’aller à des primaires mais bien celle d’écarter dans le cadre du deuxième tour tout représentant de la majorité de la section socialiste de Sète. Il sera renouvelé dans une manœuvre de dernière minute mardi 11 mars par une soit disant proposition d’intégrer à sa liste deux ou trois personnes « modérées » de la liste Lubrano qu’il aurait bien sur choisi lui-même.

Nous sommes donc confrontés à un partenaire qui ne respecte pas les décisions prises par notre organisation et qui réclame notre soutient sans aucune négociation. Après le premier tour notre débat interne porte donc sur l’opportunité de maintenir notre liste, notre score rendant possible cette hypothèse, et assurer sans conteste la victoire de François Commeinhes mais garder un ou deux représentants au conseil municipal, ou bien retirer purement et simplement notre liste et laisser François Liberti représenter avec sa liste les chances de la gauche. Cette dernière solution a prévalue. La question est alors posée du soutient explicite à la liste de gauche et là les réticences sont très nombreuses en particulier en considérant que ce soutient était fait aux socialistes dissidents ayant « trahi » notre parti et que, par ailleurs la liste Liberti avait très ostensiblement refusé de faire la moindre proposition favorisant un quelconque rapprochement.

Le résultat final des élections ne nous a pas surpris. Il indique toutefois que le report des voix à gauche se fait de bien meilleure manière à l’élection municipale (liste Liberti), que sur le vote des cantonales (candidat Lubrano) laissant clairement entendre que si l’électorat socialiste a joué le jeu de l’union, çà ne marche pas aussi bien dans l’autre sens mais la encore il semble bien que ce ne soit pas nouveau.

Pour tous observateurs de la vie politique locale la différence droite/gauche dans le contexte actuel tourne autour de 1000 à 1500 voix favorables à la droite. Ce deuxième tour n’a pas échappé à la règle. Elle n’a connu qu’une seule exception dans la période 1995/96 avec le discrédit d’Yves Marchand. Encore faut-il préciser que ce discrédit s’est traduit plus par une démobilisation des votants de droite que par une exceptionnelle participation à gauche.

La gauche sétoise est donc dans l’impasse.

Il serait faux de penser qu’il suffirait de faire rentrer le P.S. dans le rang pro Liberti pour que les choses changent.

Il me paraît plus judicieux de penser que les diverses formations de gauche doivent apprendre à se respecter. Qu’elles ont chacune une part de société à drainer vers la démarche unitaire finale. Mais qu’il est donc nécessaire que chacune d’elles tienne vraiment sa place, avec sa liberté d’expression et d’action. Que des initiatives communes puissent être prises entre elles sans pour autant bannir ceux qui décideraient de na pas y participer.

Pour le Parti Socialiste il va falloir trouver des modes d’expression autre que l’assemblée communale, ce ne devrait pas être un gros problème. Il faut aussi que les militants retrouvent le goût de convaincre et de participer aux initiatives de la vie de proximité ; comités de quartier ou de fêtes, associations diverses. Enfin il conviendra de trouver des moyens de s’opposer à la politique de la Municipalité en place aussi souvent que nécessaire selon une grille de valeur que nous devons établir sans nous sentir lié par celle que d’autres formations de gauche pourraient vouloir nous imposer.

01.04.2007

ECRIRE L'HISTOIRE DU FUTUR

L’un de nos éminents compatriotes a publié voila quelques mois un gros livre sur l’histoire prévisible des cinquante prochaines années. Il faut pour cela inscrire la pensée non dans une analyse du temps présent mais dans un gros travail de recherches sur les évolutions lourdes de notre société.

Doit-on en conclure que ceux qui ont éclairé le passé récent sont les plus à même d’ouvrir les portes de l’avenir ?

Toutes les générations ont toujours balancées entre le désir d’évoluer et celui de s’appuyer sur les valeurs sécurisantes du passé. Notre expérience de la vie nous apprend que la mort participe de la victoire inévitable de l’évolution sur le passéisme. Si parfois le discours des anciens peut apparaître comme source de sagesse, il est rarement dynamisant pour le groupe ou la société, l’avenir est nécessairement une prise de risque.

Aujourd’hui à Sète face à la rénovation de la droite, quelques mammouths ont cru bon d’exhumer un ancien Maire en surimpression d’une logique d’apolitisme de bon aloi. Parallèlement pour faire pièce à la rénovation de la gauche et à la logique de progrès mise en avant voila que des apprentis sorciers s’emploient à casser le mouvement et remettre en selle un ancien député dont la gauche n’a pas à rougir mais qui a choisi voila plus de dix ans de vivre sa vie ailleurs.

Pour notre ville, chacun le sent bien, l’avenir de la gauche se construit autour d’une section du parti socialiste active et ouverte, particulièrement attentive aux aspirations de la jeunesse, aux questions de l’environnement, de l’économie et de la vie en société.

L’orientation des cinquante prochaines années sont peut-être dans les mains de la majorité de droite actuellement au pouvoir à la mairie. Je crois qu’une alternative est possible autour du Parti Socialiste et de la gauche encore faut-il inscrire celle-ci dans un désir de progrès.

10.01.2007

Solitude, logement, insécurité

A quelques jours d’écart, j’ai vécu deux situations qui, si elles peuvent paraître assez éloignées font un même problème à mes yeux.

L’aide à mon épouse fleuriste m’a conduit durant les fêtes de fin d’année à assurer des livraisons chez des personnes dont on pouvait constater qu’elles allaient passer nuits de Noël et du jour de l’an chez elles toute seule.

Début d’année ; c’est l’installation sur la Place Léon Blum (devant la Mairie) des tentes des enfants de Don Quichotte et pour le président de Solidarité Urgence Sétoise que je suis c’est l’entrée progressive dans une démarche que mon précédent propos évoquait déjà.

Le point commun entre ces deux situations : la solitude.

Les années qui viennent vont nous confronter de plus en plus à ce problème de la solitude des individus ; décohabitation des couples au nom de l’indépendance de chacun, éclatement des familles et enfants qui grandissent et aspirent eux-mêmes à l’autonomie.

Cette indépendance, cette autonomie ont un coût et ce coût est souvent la solitude et derrière celle-ci le sentiment de fragilité celui de l’insécurité, celui de l’impuissance face aux difficultés.

Nous devons donc réfléchir : comment mettre en place un type de logement qui permette aux individus d’être chez eux mais pas forcément seul.

Certes il existe des foyers logement pour personnes âgées, et des personnes âgées qui ne souhaitent pas habiter dans ces résidences ; il existe aussi des foyers pour jeunes mais beaucoup moins. Dans tous les cas il faut un minimum de solvabilité faute de quoi il n’y a pas réellement de solutions proposées.

Les choix publics aujourd’hui tendent ils à prendre en compte ce type d’évolution ? J’ai beaucoup de doutes. Est-il possible d’imaginer des solutions dans le cadre des institutions actuelles ? Faut-il attendre que le secteur privé prenne en compte ce marché potentiel ?